• Un Figaro 5 "proto" !

    Jean nous envoie une photo en navigation de son Figaro modifié pour régater en catégorie "proto",
    Le challenge le plus compliqué à concevoir étant tant la quille relevable inclinable que les foils extensibles !
    Bravo Jean, quel talent !


    Un Figaro 5 "proto"


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  • Le temps des régates de Figaro.

    Le Figaro a été conçu pour la croisière côtière plutôt que pour la course, pourtant, au temps de la jeunesse de la série, l’ASCOFI (l’Association des Constructeurs de Figaro) organisait chaque année cinq ou six régates, le terme de “rencontre” qu’elle utilisait pour qualifier ces événements marquait bien sa volonté de favoriser, avant tout, les contacts entre les propriétaires de Figaro.

    Le dessin (ci-dessous) qui illustrait alors le bulletin de liaison traduisait la volonté de l’association de développer cette activité.

    Le temps des régates !



    Les régates étaient un moment fort pour faire la connaissance ou retrouver d’autres constructeurs, échanger des astuces, observer l’équipement des bateaux, se perfectionner à la manoeuvre et améliorer les réglages. C’était aussi une bonne préparation technique aux futures navigations.


    En 1981, Norbert Lecomte, dans son éditorial du bulletin de l’ASCOFI exhortait les Figaristes à participer, au moins une fois dans l’année, à l’une des rencontres inscrites au programme. Il faut dire que le bilan de l’année précédente était modeste.

    En 1980, sur les 400 bateaux construits, ou en construction (dont 175 cotisants à l’ASCOFI), 23 bateaux avaient participé à des rencontres.

    En fonction du classement de chaque épreuve, des points étaient attribués aux bateaux, ce qui a abouti au podium suivant à la fin de l’année 1980 :

    1er        n°124 : Jeantheau frères  134 points
    2 ème   n°565 : Lecomte              87 points
    3 ème   n°325 : Descourtieux       61 points

    Personnellement, j’étais en milieu de peloton : 10 ème avec le  n°44 et 21 points.

    Au départ des régates, le nombre de bateaux engagés dépassait rarement la dizaine.

    Par exemple, en 1980 :  9 bateaux aux Settons,  6 bateaux aux Nénuphars,  6 bateaux aux Patofrais (en hiver !!).

    En 1981 le critérium national des Figaro était organisé au lac du Der et des sorties plus touristiques étaient au programme: une semaine en Hollande (accueil par l’AS Vaurien de Hollande), le golfe du Morbihan et l’île de Houat ainsi qu’un stage de croisière aux Glénans (prévu chaque année à condition de réunir un nombre suffisant de candidats).

    Les trois photos qui suivent ont été prises lors du challenge des Settons de 1978, c’était la première régate avec mon Figaro, le vent soufflait fort et nous avions du prendre un ris lors de la dernière manche. J’avais terminé 2 ème de ce challenge, sur 13 participants,  et comme j’étais “le nouveau” on m’avait chargé de rédiger le compte rendu pour le prochain bulletin.

    Le temps des régates !

    Le temps des régates !

    Le temps des régates !



    Les deux photos suivantes ont été prises à Jablines (sans garantie !)

    Le temps des régates !

    Le temps des régates !



    Enfin cette  photo illustre l’une des régates auxquelles  je devais participer (seul Figaro parmi des bateaux habitables les plus divers) pour garder ma place au ponton géré par le club de voile de Bonneuil sur Marne.

    Le temps des régates !



    La navigation sur ce plan d’eau était très particulière, chaque hangar, chaque tas de sable avait son propre régime de vents. Il n’était pas rare de voir le vent tourner de 180 ° sur quelques dizaines de mètres !

    JK



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  • Olivier nous dévoile ici ses réalisations textiles pour aménager son Figaro 5, de la belle ouvrage,
    merci à lui ! :

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    Des bailles pour tous les usages

    Plus le bateau est petit, plus il est crucial d'être organisé ! C'est fort de ce principe, et conscient des limites du Figaro 5, que j'ai profité de sa rénovation pour y ajouter quelques touches personnelles en matière de rangement. Je voulais du léger et du réversible. J'ai donc opté pour des bailles souples. L'ensemble a été cousu dans de la toile à taud, des chutes aimablement données par une voilerie, une simple machine à coudre domestique a fait le reste. Ces bailles s'avèrent si pratiques à l'usage que je souhaitais les partager ici.

    1) De petites bailles vide-poche prennent place de part et d'autre de la descente. Elles accueillent clefs téléphone, lunettes, couteau... et sont très facilement accessibles de l'extérieur. Elles sont fixées en place par du velcro adhésif.

    Des bailles pour tous les usages



    2) Plutôt que de véritables équipets, j'ai choisi de faire des racks à vêtements dotés de petits vide-poches. Le haut est monté sur Sandow, tandis que le bas est fixé sur la lisse au travers d'une latte.

    Des bailles pour tous les usages



    3) Dans le cockpit, entre barreur et équipier, je voulais une baille suffisamment vaste pour accueillir un mug isotherme, des lunettes de soleil, ou tout autre accessoire que l'on aime garder à portée de main. A l'usage, celles-ci sont largement validées !
    Elles sont montées sur la cloison par des pressions inox et sont donc amovibles.

    Des bailles pour tous les usages



    4) En bateau, la poubelle, c'est galère ! J'ai choisi de placer la mienne sous l'évier ; il suffit alors de lever la bassine pour jeter ce qui doit l'être. La corbeille en bâche sert juste à accueillir un sac de 10 litres. Elle est fixée, elle aussi par des pression, ce qui permet de la laver quand nécessaire.

    Des bailles pour tous les usages



    D'autres projets sont en cours ou en attente de pose : un rack pour deux bouteilles, sur le même modèle, et des toiles à fixer au dessus des flottaisons dans les coffres de cockpit pour éviter que les pare-battages ou les amarres ne glissent sous le cockpit... A suivre !


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  • Jean et Olivier nous parlent de leurs techniques de rénovation:


    De 1975 à 2018, des produits plus modernes pour une rénovation durable

     

    Jean:  Olivier, on a pu voir récemment, sur le blog, des photos  de la restauration très réussie de ton Figaro 5, j’ai hâte d’en savoir davantage sur les techniques que tu as employées ( je ne suis pas seul dans ce cas, je suppose) mais, au préalable, peux-tu nous dire ce qui t’a amené à te lancer dans ce projet de restauration ?

     
    Olivier:

    Mon père, un fervent lecteur du Figaro, a la manie d’en découper des articles et de communiquer à ses enfants ceux qui lui semblent intéressants. Dans les années 70, il m'avait remis celui concernant la présentation du bateau (que je n'ai malheureusement pas conservé). J'étais pré-adolescent et terminais la construction d'un petit dériveur de 4 mètres en contreplaqué.
    D'autres bateaux ont suivi, mais j'avais gardé en tête le petit Figaro 5 de la coupure de journal.

    J'ai habité 8 ans à bord d'un petit bateau fluvial que j'ai transmis à mon fils lorsque j'ai mis sac à terre.
    Celui-ci m'a dit, « tu ne peux pas rester sans bateau » et m'a fait visiter le parc d'occasion du chantier naval qu'il tient en Bretagne. Ecume de mer, Mallard 9 mètres, Sangria...
    C'est finalement un Figaro 5 défraîchi qui m'a attiré l'oeil ! J'aime le côté couteau suisse de ce bateau : faire beaucoup avec peu ! Et puis, il m'avait beaucoup plu lorsque j'avais 13 ans...

    Il était au sec sur remorque, mâté mais avec une partie de l'accastillage arraché et des traces évidentes de pourriture surtout autour du cockpit. Un nettoyage soigneux a permis d'y voir plus clair : la coque semblait saine, mais la marche de descente était pourrie tout comme une bonne part de sa cloison et le fond du cockpit qui avait perdu toute étanchéité. Pour parachever le tout, le tableau arrière avait été renforcé par un bois très... massif et stratifié sans finesse.

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Ardiden sur le parc d’occasions

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Un intérieur dans son jus !

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Le cockpit, a manifestement connu des jours meilleurs

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    L’accastillage dépareillé et partiellement arraché

     

     Jean: La situation, après ce premier examen ne paraissait pas très encourageante. Comment as tu entrepris les travaux préparatoires avant la réfection proprement dite ?

     
    Olivier:

    J'ai commencé par une séance de photos pour bien localiser l'emplacement de l'accastillage avant de le démonter. Celui-ci datait, était dépareillé et portait de larges traces de peinture. J'ai tout nettoyé, mais n'ai finalement reposé que bien peu de ce matériel.

    Si la peinture du pont était très écaillée, celle de la coque avait parfaitement tenu, mais je voulais aller voir dessous comment la stratification s'était comportée. Ce fut donc le début de longues heures de décapage à la meuleuse puis à la ponceuse orbitale, en prenant soin de ne pas blesser la stratification. Celle-ci s'était plutôt bien comportée dans le temps, mis à part sur le passavant tribord et en quelques endroits du pont, très localisés.

    Après avoir déposé le renfort du tableau arrière, celui-ci a été retaillé en une courbe plus esthétique et doublé par un contreplaqué de 9 mm.
    Le fond de cockpit a été lui aussi déposé pour permettre un bon accès aux fonds, ainsi que le bridge deck et une bonne part de la cloison de descente (à ce titre, une scie oscillante de type Fein, est un atout précieux pour cet exercice).
    De l'eau croupie était emprisonnée derrière les membrures sous le cockpit et entretenait une humidité malsaine.
    Après séchage, j'ai percé des anguillers de bonne taille (15 mm) afin de pouvoir assécher cet espace difficile d'accès.
    Pour les mêmes raison, de larges trappes ont été percées dans les caissons. Par ces trappes et profitant d'avoir accès aux fonds, j'ai tout repeint avec une peinture glycéro microporeuse.
    Résidant à 3 heures de route du chantier, la rénovation s'est étalée sur 2 ans, ce qui a permis au bois de bien sécher entre deux étapes !

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Vidé et assaini, l’intérieur parait plus vaste


    Jean: Le bateau étant assaini, la reconstruction pouvait donc commencer. Nous avons connu, l’un et l’autre, les techniques d’une autre époque.
    Je suppose que tu as dû réapprendre des méthodes en utilisant les produits qui ont cours actuellement, l’époxy, en particulier. Comment s’est passée la réfection de la coque, le remplacement des accessoires et de l’accastillage ?

     
    Olivier:

    Cloison, marche (bridge-deck selon les plans de JJ Herbulot) et fond de cockpit ont été refaits à neuf, collés epoxy et stratifiés, là aussi en epoxy après joints congés. J'avoue que, étant de la génération Résorcine, je n'avais jamais encore utilisé ces produits. Le fait de travailler au sein d'un chantier moderne, de disposer de conseils avisés et de produits à prix préférentiels m'a bien facilité les choses... La plupart de ces produits proviennent de la gamme Nautix (Blue filler pour les ragréages et joints-congés, Water tight pour les finition et primer PE en sous-couche avant peinture). Comme tout nouvel usager de l’epoxy, j’ai découvert l’importance d’un dosage très précis, le nécessité de bien se protéger en portant masque et gants, mais aussi le besoin d’un local tempéré pour que le séchage soit complet et se fasse dans des délais raisonnables.

    A part le fond de cockpit, j'ai du re-stratifier le dessus du caisson tribord qui se délaminait et quelques petits endroits du pont. Après un décapage aussi profond, le travail d'enduit a été important. Pour faciliter les choses et mieux visualiser les défauts, un premier primer a été appliqué avant la longue succession d'enduits, ponçages, enduit...

    Le bateau a reçu un nouveau primer et a été peint au pistolet, en cabine, par les soins du chantier, ce qui offre une qualité de finition sans commune mesure avec une application au rouleau, quel que soit le soin apporté. Les produits appliqués sont de type carrosserie et non des peintures typées marine. Le pont a reçu un antidérapant, lui aussi au pistolet et la carène a été laquée et ne recevra d'antifouling que si le bateau devait rester à flot plus d'une semaine d'affilée.

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Les nouvelles boiseries avant collage

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Collage et joints congés

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Après stratification, un premier primer puis le long travail d’ enduit

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Enfin, la peinture vient unifier le tout

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Pour des raisons pratiques, la carène n’a été traitée qu’en second lieu

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    Les rouleaux de masquage sont très plaisants à utiliser

     

     Accessoires

    Je l'ai dit, je réside à distance du chantier et ai profité des moments libres pour rapporter du travail à la maison safran, panneau de descente, capot et diverses boiseries vernies ont ainsi été préparées en amont. Je trouvais le capot d'origine laid, lourd et mal-pratique. J'en ai refait un neuf qui suit les lignes du pont. Le panneau de descente (en tôle d'alu !) a été remplacé par une pièce de plexiglass, rigidifiée par des petits surbaux, ce qui permet de l'utiliser comme table en le calant sur la marche de descente. Dans le même temps, les coussins ont été recouverts et plusieurs bailles vide-poches ont été cousues à base de chutes de toile à taud récupérées dans une voilerie.

     

    Accastillage

    C'est la partie agréable, valorisante ! L'aboutissement de pas mal d'efforts et de persévérance. Je l'ai dit, j'ai très peu réutilisé du matériel que j'avais démonté. J'en ai profité pour moderniser et simplifier le plan de pont : retours de drisses au cockpit, winches Antal légers et pratiques, Tourelle de Grand-voile à billes, vrai capot de baille à mouillage... De plus, je me suis laissé convaincre de poser un bout-dehors pour gréer un spi asymétrique, un point sur lequel je reviendrai dans un autre article.

    Produits pour la rénovation de nos Figaros 5&6
    L’accastillage, la phase gratifiante !

     

     Jean: Après autant d’efforts, pour donner une nouvelle jeunesse à ce bateau je suppose que l’on se sent fier du résultat obtenu et impatient de naviguer.

     
    Olivier:

    Le résultat est très largement à la hauteur de mes espérances. Le bateau correspond très bien à mes espérances, il est beau, élégant et sa ligne est restée moderne. L'habitacle minimaliste est suffisant pour y camper sans trop d'inconfort. En revanche et comme toujours, le temps et l'énergie nécessaires à la rénovation ont été notoirement sous-évalués et pourtant, je n'en suis pas à mon coup d'essai ! Bien que je sois professionnel du nautisme et que je bénéficie de l'aide, de l'outillage et des infrastructures d'un chantier, les travaux se sont étalés sur 2 ans, au cours desquels il m'est arrivé de me remémorer que j'avais bien juré qu'on ne me reprendrait plus... Au final, et même s'il reste quelques finitions et améliorations de détail, la satisfaction est grande de redonner vie et pimpant à ce joli bateau largement quadragénaire.

     

    Jean: Avec le recul, quels conseils généraux pourrais-tu donner ? 

     
    Olivier:

    • Prendre un maximum de cotes et de photos avant de démonter.

    • Disposer d'un local suffisamment vaste pour y travailler à l'aise.

    • Apprécier à sa juste valeur chacune des étapes plaisir pour mieux affronter celles qui le sont moins.

    • Louer ou emprunter l'outillage nécessaire pour ne pas dépenser inutilement une énergie précieuse.

    • Ne pas sous-estimer le temps et l'énergie nécessaires.

    • Prendre le temps de laisser sécher le bois encore humide

    • Bien choisir les produits qui seront utilisés (collage, imprégnation et stratification du bois, les enduits, les peintures, etc…) Tous ne se valent pas, certains sont à éviter (mauvaise adhérence, fissuration, résistance insuffisante…), d’autres sont trop chers ou d’un emploi trop complexe pour un amateur.  Le choix des produits étant fait, il est essentiel d’apprendre les techniques de leur utilisation et ne pas hésiter à se faire conseiller par des professionnels de la restauration de bateaux ou par des amateurs ayant acquis une bonne expérience dans le domaine qui nous concerne (propriétaires de Figaro, Maraudeur, Corsaire,...)

     

    Jean: Pour finir, il me parait utile de revenir plus en détails sur les produits que tu as utilisés (marque, référence commerciale, les fournisseurs, un ordre de prix) et sur les conditions de leur mise en oeuvre (dosage, dilution, nombre de couches, matériel nécessaire à la préparation, difficultés rencontrées…). Il ne s’agit évidemment pas ici de  retranscrire les notices des produits mais de donner des repères aux possesseurs de Figaro qui souhaitent restaurer leur bateau ou simplement l’entretenir sans trop savoir vers quoi s’orienter pour obtenir de bons résultats à un coût raisonnable (je suis de ceux-là !).

     

    Opérations

    Produits

    Mise en oeuvre

    Informations pratiques

    Imprégnation stratification

    et collages

    Résine epoxy Soloplast.

    Très fluide et parfaite pour les imprégnations. En revanche, sa surface très dure est difficile à poncer ! Les coulures et sur-épaisseurs sont à éviter !

    Pour les collage ajout de silice et de woodfiller (poussière de bois)

    La résine Soloplast que l’on trouve à 39,90 € le litre en magasin de bricolage (ou d’accastillage) s’est avérée très convenable pour les imprégnations et petites stratifications.

    Joints-

    congés

    Blue Filler Nautix

    Très facile, mélange à parts égales et agréable à poncer. La couleur bleu permet de bien visualiser le travail.

    Ce produit n’est pas destiné au grand public. Le plus petit conditionnement est de 5 kg. Dommage !

    Enduits

    Watertight Nautix

    Très facile, mélange à parts égales, séchage rapide, couleur rose

    Disponible chez Bigship à 67,90 /litre

    Primer

    PE et HPE de Nautix

    2 produits l’un fin et l’autre garnissant. Faciles d’emploi au rouleau comme au pistolet

    Disponible chez Bigship à 37,90/0,75 litre

    Peinture

    Monopol

    Une peinture carrosserie appliquée au pistolet par le chantier

    Produit réservé aux professionnels

    Peinture intérieure

    Dulux Valentine Pro Tech bois

    Un bon pouvoir couvrant et un rendu satiné

    Leroy Merlin 23,90 €/0,5 litre

     

    Au delà des produits, j’ai découvert des outils et matériels modernes qui facilitent grandement la tâche et d’autres plus traditionnels, mais dont je recommande l’usage :

    Une scie oscillante permet de découper avec précision les parties abimées.

    Une cale à poncer très longue (80 cm) et à utiliser comme une varlope permet de redresser les défauts d’enduit et de faire filer les bouchains.

    Les rouleaux de masquage qui marient bande-cache et protection polyane font gagner beaucoup de temps !

    La cuillère à Rubson est un accessoire peu coûteux qui permet de lisser et d’éviter les bouses lors de la pose de l’accastillage.

     

    Jean Kloos et Olivier Chauvin


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  • Olivier nous livre le récit de sa première navigation sur son Figaro 5 "Kirikou";


    Premiers bords du N°80

    A la suite d'une longue rénovation, le bateau est enfin sorti de l'atelier.

    Le chantier qui m'a accueilli est plein comme un oeuf à cette saison et Fleury Michon, le formule 40, lui aussi en rénovation (www.den-ran.com/catamaran-formule-40) bloque la porte de la cabine de peinture.
    Il faut se frayer un passage à 2 cm d'un Mousquetaire club, sous le bout-dehors d'un Monotype 7,50 et au ras de 2 Class 2m, un véritable jeu de Tétris !

    Une averse diluvienne vient rincer les dernières traces de poussière et baptiser Kirikou.

    Premiers bords du Figaro 5 n°80


    Une fois mâté, seul, ce qui se fait très bien en utilisant simplement le sommet d'un escabeau, posé en arrière du bateau comme trépied.
    Une méthode efficace pour peu que l'on y fixe un V, dans mon cas, 2 serre-joints pour éviter que le mât ne glisse sur le côté. Les bas-haubans, placés dans l'axe de l'emplanture évitent bien des misères !

    Premiers bords du Figaro 5 n°80

    Premiers bords du Figaro 5 n°80

    La marée est de 110 ce jour là et la journée est glaciale, mais le bateau glisse à l'eau sans encombre.
    Le flot crée un courant puissant sur le Blavet.

    La sortie doit juste durer quelques heures, le temps de goûter aux sensations du bateau, sur lequel je n'ai jamais navigué, et de valider les détails d'accastillage et de gréement.

    Premiers bords du Figaro 5 n°80


    Départ au moteur, le petit 2,3 Honda fait le job et propulse sans faillir le Figaro jusqu'à un lieu où la rivière est suffisamment large pour y tirer quelques bords.

    Premiers bords du Figaro 5 n°80


    Comme de juste, le vent est perturbé et souffle en grains sous les nuages pour s'évanouir presque totalement quelques minutes plus tard.

    Premiers bords du Figaro 5 n°80


    Au portant, le bateau se comporte à merveille, c'est au près que cela se gâte...
    Le bateau est mou à la barre, d'une mollesse telle que je dois choquer du génois pour lui faire reprendre sa route après les virements de bords.

    Malgré le plaisir de naviguer enfin, je ne suis pas conquis par le comportement du bateau qui se vautre à chaque claque, remonte mal au vent et montre une évolutivité très moyenne...

    Mais il est temps de rentrer pour assurer une sortie d'eau de jour et sans trop de courant.
    C'est à l'affalage des voiles que je sens un choc. Le bateau semble planté et le moteur n'y fait rien.
    Qu'à cela ne tienne, je remonte la dérive qui bloque dans son puits après quelques tours de treuil !
    Jurons et efforts n'y font rien.
    Le bateau dérive, dans le bon sens, vers Hennebont. Il avance en crabe, mais il avance...

    Le câble du treuil fait un angle bizarre et c'est là que je comprend que la dérive pend sous le bateau et se met en drapeau, ce qui ne facilite pas la marche !
    Je suis seul à bord, heureusement le chantier n'est plus bien loin et une remorque bienvenue me permet de gagner le ponton. Là, j'envisage plusieurs solutions : déposer la dérive sur la cale, mais je dispose de bras secourables et il est choisi de la récupérer depuis le ponton.

    Vêtu d'un combinaison Néoprène d'emprunt et surtout, 3 tailles trop petite, (mais l'air est à 4 degrés), je me mets à l'eau, passe un bout dans la manille avant de larguer le câble.
    La dérive émerge, elle est sauvé !
    Je sais qu'elles sont difficiles à trouver et j'avais peur de la perdre pour de bon ! La peinture neuve a un peu souffert mais pour le reste je m'en sort bien et le bateau peut remonter sur sa remorque sans encombre.

    Comment est-ce possible ?

    Lors de la repose de la dérive, je l'avais posée sur une palette qui ne me permettait que de lui faire affleurer le bord du puit. Un aide placé dessous me guidait tandis que je sondais avec un tournevis fin qui buttait dans le métal jusqu'à ce qu'il travers ! En fait, l'axe était juste au dessus de la dérive qui semblait pourtant bien en place. A la descente, la dérive prenait appui sur la face avant du puit et semblait descendre normalement, mais sans probablement se mettre en butée, ce qui explique les piètres qualités nautiques que j'ai constaté.
                                 

    Premiers bords du Figaro 5 n°80


    Si je relate cet épisode sans gloire, tant pour le navigateur que pour le rénovateur, c'est pour éviter à d'autres ce genre de mésaventure.
    J'avais pourtant lu avec attention le dossier de l'ASCOFI sur le sujet et pensais que... Mais la technique, parfois se joue de nous !

    Il reste donc à affiner quelques détails du gréement de Kirikou et à remettre la dérive en place, pour de bon cette fois et à nous deux l'Océan !

    Olivier

    ______________________________________

    Note de l'éditeur du blog; cette mésaventure est déja arrivée il a quelques années après une restauration complète d'un Figaro 5, mais la dérive est restée au fond de l'eau...


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