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     Nautisme en Finistère organise chaque année plusieurs circuits de randonnée nautique en Finistère et en flottille, intitulés "Semaine du petit cabotage en Finistère".


    Nous avons participé fin juillet 2014, à la semaine "Baie de Morlaix", sur un Figaro 6   :-)

    Cabotage 2014 en baie de Morlaix from Herve Bellenger on Vimeo.

     

     

     


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  • Construction du Figaro VI n°002

    Construction du Figaro VI n°002

    Le bateau passe assez bien ce petit clapot croisé typiquement méditerranéen. Sous grand voile et foc 1, la côte Languedocienne défile doucement au vent. Sète est déja loin et Port Camargue se détache dans la brume de chaleur.
    La brise forçit, je conserve le foc pour appuyer le Figaro dans le clapot et réduis la grand voile d'un ris.
    Opération facile et rapide puisque drisse, bosse d'empointure et de ris reviennent au cockpit...
    Ce soir, si tout va bien, nous remonterons le canal vers Aigues Mortes...



    Francis pousse la porte du garage et je reviens sur terre assis dans ce qui doit être le cockpit du Figaro.
    Il a fière allure dans ce garage à Montgaillard près de Bagnères de Bigorre.

    Un an déja qu'arrivait dans nôtre boite aux lettres une grosse enveloppe contenant les plans du Figaro VI n°002.
    Dès lors commença la recherche des matériaux et du matériel au prix le plus "honnête" que possible. Le CTBX fut acheté à Toulouse, la colle PPU à Paris par l'intermédiaire de l'unité amateur. Puis ce fut une suite de transbordements de 22 plaques de CTBX du fournisseur à Montgaillard en passant par l'appartement (premier étage dans une rue piétonne au centre de Toulouse) sur la vaillante 403 break de Françis.

    La préfabrication commença à paques 1983 lorsque Francis fit la découpe des couples et le collage des tasseaux des renforts.
    La véritable construction débuta le 18 aout 1983, par l'équerrage du chantier, la pose des couples, la pose des lisses. C'est à ce moment là qu'apparurent les premières difficultés. Ayant égaré à ce moment là la notice de construction, nous avions réalisé les sifflets de recouvrement "au pif" et la surface de collage trop faible occasionna la rupture.

    Puis la pose des bordés, réalisés par aboutage en sifflet, donna le volume définitif de la coque. Son étrave fine et pincée s'ouvre sur des formes pleines et généreuses sur l'arrière.

    La pose des derniers bordés, très cintrés au niveau de l'étrave se fit à grands renforts de bras, de vis et de serres-joints englobant l'étrave.

    Les bordés posés, une première étape touchait à sa fin, après 276 heures de travail à deux, le premier retournement allait avoir lieu en ce 3 septembre.

    Le bateau sorti du garage, 3cm de part et d'autre de la porte, nous l'avons tout simplement fait rouler (un demi-tour seulement) dans l'herbe et c'es à ce moment là que nous avons vraiment pris conscience du volume disponible, déja bien délimité par les couples. Après les photos de rigueur, le F6 repris sa place sur sa remorque de Vaurien et sur les bras nombreux pour regagner son garage.

    Après dix jours d'arrêt de construction nous nous attaquions aux aménagements intérieurs. Le triangle avant fut réalisé en CTBX de 8mm couvrant des coffres de rangement. Il en fut de même pour les deux banquettes du carré, créant ainsi d'autres espaces de rangement.

    La séparation verticale coffre/carré fut réalisée d'une seule pièce du triangle avant au fond de la couchette du carré en CTBX de 5mm raidi. La table ne sera pas fixe mais rangée verticalement contre le puits de dérive ou mise en place comme table à cartes; le volume initialement prévu comme coin-cuisine étant transformé en coffre et coin navigation. Sur tribord un coffre "humide" remplace la  petite table à cartes; la cuisine trouve sa place dans un grand tiroir amovible situé sous le cockpit et ne dépassant pas de la descente. Dans le cockpit un coffre vient doubler le tableau arrière et les bancs sont élargis de dix cm. La pose de la cloison de descente (E') et les deux lisses supérieures décela une petite erreur de tracé sur le couple D au niveau de l'élongis de roof.

    Pour l'insubmersibilité nous utilisons de la mousse polyuréthane à cellule fermée à deux composants. (densité 32g/litre expansé). Nous posons les vaigrages et coulons cette mousse par petites quantités dans le volume ainsi défini. La mousse s'expanse en adhérant aux parois.

    Bien que les aménagements ne soient pas terminés, nous avons retourné la coque à deux pour réaliser la plastification avant les grands froids ou le mauvais temps. Cette opération réglée sur les directives du fournisseur de la PPU s'opéra dans de bonnes conditions.

    Le chantier est arrêté de septembre à avril, nous pensons le finir en 5 semaines et le mettre à l'eau début juillet. Notre budget complet est de 38000 francs pour une unité équipée en 5ème catégorie avec un gréement "classique" (coût 10500 francs).

    Pourquoi un gréement "classique" plutôt que le "non haubanné" moitié moins cher ?

    La raison est assez simple. Notre zone de navigation est la Méditerranée et les vents assez fortsdominants sont le Mistral et la Tramontane, vents de terre.
    En Bretagne, les vents forts sont généralement du secteur ouest, ce qui oblige, pour rentrer à terre, le travers ou le largue. En Méditerranée, il s'agit de réaliser le meilleurs près possible dans un clapot et un vent irrégulier.
    Un mat non haubanné fléchit sous les rafales ce qui limite le coup de gite mais limite aussi le cap possible. Un foc sur étai répond plus rapidement et permet donc soit une accélération, soit un lof.

    Cependant je ne dénigre pas le fait que le gréement proposé par Mr Herbulot soit avantageux au niveau du rendement pour toutes les allures, du petit largue au grand largue. Une voile double plis devrait encore augmenter ce rendement, mais en croisière, le près est souvent nécéssaire et dans ce cas, il doit être le meilleur possible pour le moral de l'équipage.

    L'hiver prochain (1984-1985) je veux bien faire l'essai comparatif "classique/non haubanné" entre deux F VI sur le bassin de Thau. Les conclusions peuvent intéresser tout le monde.


    En résumé peu de problèmes pour la construction réalisée à deux personnes avec un outillage relativement important. Une maquette au 1/10ème fut réalisée et permis de limiter les erreurs.

    Benoît Wendel et Francis Cledat


    Construction du Figaro VI n°002


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    Jean nous fait profiter d'une de ses anecdotes de navigation;

    Je ne résiste pas à la tentation raconter l'une de mes dernières aventures, peu glorieuse, dans la baie de Quiberon.

    J'avais navigué en solitaire tout l'après-midi avec le soleil et un vent agréable.
    En début de soirée, il était temps de rentrer, d'autant plus que le vent avait sérieusement forci.

    Je m'amarre à mon corps mort et je gonfle l'annexe, le vent commençant à soulever l'annexe, je me déplace pour l'arrimer, je vois alors le gonfleur partir à l'eau dans une rafale. Je me précipite sur la gaffe mais je ne parviens pas à crocher le gonfleur qui part à toute vitesse en s'éloignant de la côte. J'y tiens à ce gonfleur Zodiac que j'ai payé très cher il y a quelques années. Je désamarre, je mets le moteur en marche et me lance à la poursuite du fuyard.

    Je m'en approche, je prends la gaffe, assis sur un banc de cockpit et je me penche, je me penche encore pour attraper le gonfleur et...plouf !!! Je tombe à l'eau tout habillé. Très vite je fais le bilan de la situation: le bateau file tout seul, prêt à traverser la baie, le moteur s'est arrêté mais il va bien vite je crains qu'il ne heurte d'autres bateaux au mouillage et après comment je vais faire pour le récupérer ? Plus personne sur la plage, des pêcheurs isolés, je n'en vois pas.

    Le côté positif de la situation c'est que j'ai le contrôle du gonfleur que je pousse devant moi en nageant vers la plage, à 300 m environ. Ce  qui est cocasse c'est que toutes les 30 secondes je dois donner un coup de gonfleur pour le vider de l'eau qui y pénètre avec le clapot. Ma question maintenant est qui vais-je trouver pour repartir chercher le bateau
    ... ? Au pire, je me vois déjà au petit matin à sa recherche sur la côte opposée (80 km par la route).

    Autant oublier ce scénario catastrophe, c'est trouver une aiguille dans une botte de foin...J'arrive tout trempé sur la plage, pas un chat. Mon seul espoir, mon copain le loueur de catamarans mais à cette heure ci il est surement parti.

    Je frappe à la porte de sa cabane. Il est dedans. 
    Il me regarde ébahi et me lance "qu'est-ce qui t'arrive ?".  Quelques minutes plus tard nous voilà repartis avec un hors-bord, nous rattrapons vite KETAL qui est certainement surpris de me retrouver si tôt après sa fugue. Nous ramenons le fugitif à bon port et je reviens sur la plage un peu plus sec que la première fois. Finalement, rien n'est cassé, je n'ai rien perdu mais je ne suis pas passé loin de la fortune de mer. Si mon loueur de catamarans ne s'était pas trouvé là miraculeusement, je ne sais pas ce que j'aurais pu faire. 
    J'ai tiré quelques enseignements de cette mésaventure.

    D'abord les causes: j'ai glissé parce que le cockpit était trempé par les embruns et j'avais enfilé un pantalon de jean qui supprimait toute adhérence. Le vent ayant forci, j'aurais du être plus vigilant et bien amarrer tout ce qui fait prise au vent.

    Enfin, étant tombé à l'eau j'ai été incapable de remonter à bord. C'est depuis que j'ai installé une échelle efficace. Pour assurer une sécurité complète, étant seul à bord, le soir, le mauvais temps s'installant, j'aurais pu (ou du) laisser filer un cordage à l'arrière ce qui m'aurait permis d'avoir une prise quand le bateau commençait à s'éloigner.  

    Jean, mars 2015


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    Voici le très personnel récit de la construction d'un Figaro 5 Québécois tiré de la revue "Québec Yachting",
    numéro d'avril/mai 1979

     

    Un Figaro 5; Margualette II

     

     

     Marlaguette II
    Un Figaro Québécois fait main
    par Yvan Monnard, avril-mai 1979


    Je ne suis pas un marin. Plutôt un gars de la montagne, né entre Savoie et Romandie, installé au Québec depuis 12 ans.

    Le virus de la voile date du temps ou j'ai commencé à regretter les ascensions, les cabanes alpines, le goût d'un certain effort en contact avec la nature. J'ai essayé la forêt québécoise, mais j'y étouffais. Puis la voile, mais timidemet; Vaurien, 404, Code 40. J'ai décidé que mon fils allait avoir le goût de la régate... Et moi, celui de la croisière, peut être...

    Il a fallu, pour arriver au Figaro, que je rencontre René, lequel conservait dans son sous-sol de Vaudreuil le contreplaqué pour un Muscadet, endormi pour un temps par les nécéssités familiales.
    Que de projets nous sont passés par la tête ! Que de revues nautiques épluchées, de renseignements glanés ici et là ! Jusqu'au soir où il a bien fallu tout mettre ensemble et décider:
    « Alors, on la fait, cette chaloupe? »

    Je relèverai ici certains aspects personnels de l'expérience. La construction d'un voilier de 17 pieds n'a pas fait de moi un expert, loin de là...

    Ce qu'il faut noter, c'est que le projet était modeste, que mes ressources financières et techniques étaient limitées, et que le bateau qui en a résulté marche, et superbement.


    Je rentre d'un séjour de cinq semaines aux iles de la Madeleine, où je suis sorti avec des marins, en mer, par force 6-7. Le Figaro est sain, il ne se traine pas, même sous deux ris et tourmentin. Si mon expérience peut éviter à d'aucuns quelques erreurs coùteuses et aider d'autres à réaliser la leur, ce sera encore mieux.

     

     Trois facteurs fondamentaux m'ont préoccupé dans le choix d'un plan.


    Le programme du bateau

    Je voulais apprendre la voile, les rudiments de la navigation, la vie de ceux qui vont sur l'eau. Il fallait que je puisse le réaliser dans les eaux proches de chez moi: le lac Saint-Louis, le lac des Deux-Montagnes, le lac Saint-François, peut être le lac Champlain. Il me fallait un bateau rustique, marin, permettant de dormir a bord, d'y manger, de me mettre à l'ancre, de changer de voilure et d'être transporté sur une remorque.

    Les ressources

    Comme la plupart de mes collègues enseignants, je dispose de plus de temps que de de capital...
    Je possède un outillage électrique assez complet et j'ai acces a un atelier de menuiserie. Mon projet ne devait pas dépasser le prix d'un dériveur moyen pour lequel je ne me sentais plus l'âge, ni le goùt.

    La question familiale

    La grande oubliée, comme je l'ai appris par la suite de mes lectures et de mes contacts avec d'autres constructeurs...
    Mon voilier devenait donc, plus précisément, un dériveur lesté, coùtant moins de 3000 dollards, construit en contreplaqué, mesurant moins de vingt pieds et dont la construction allait me laisser disponible à mon « autre vie », et ne dépasserait pas une ou deux saisons. L'oiseau rare ! Je me consolai donc en considérant que tout bateau est une somme impressionnante de compromis, que l'idéal n'était pas de ce monde et que le principal était de commencer !

     

     Jean-Jacques Herbulot venait de faire diffuser, par le journal parisien Le Figaro, les plans d'un mini-croiseur que j'aurais préféré québécois et qui s'ajustait assez bien a mes projets. Entre temps, j'avais été intéressé par le système WEST de saturation d'un contreplaqué de qualité « extérieure » a l'époxy. Une courte correspondance échangée avec l'architecte me convainquait que l'adaptation était possible. Nous étins fin octobre,le rêve pouvait naviguer à la fin du printemps, tout était clair, pas d'écueil sur la route, en avant donc pour les premiers travaux !

    Quelques éléments sont venus bien vite s'inscrire de manière désordonnée dans ce que je pensais un projet simple, logique, un de ces projets que, selon une certaine publicité, « toute personne inexpérimentée et normalement douée de ses dix doigts, peut mener à bien ».

    Par exemple, en vrac: 
    -impossibilité subite de circuler dans un sous-sol envahi par cent morceaux de bois enduits d'époxy, chaque pièce du 
      Figaro étant saturée 3 fois sur toutes ses faces.
    -difficulté à trouver 15 feuilles de 4x8 en 3/8 de pouce qui auraient 5 plis
    -interprétation parfois délicate d'un plan dessiné pour le constructeur amateur, avec les délicieuses transpositions en
      système impérial de mesures anglaises, hors desquelles les gars des cours a bois pensent que l'on parle javanais
    -le nombre requis de presse à bois (clamps-serres-joints), le nombre astronomique de vis inox et leur prix, l'odeur de l''époxy qui envahit la maison et surtout, l'envahissement inéluctable de l'esprit, du temps, de la disponibilité du pauvre constructeur qui s'aperçoit, un peu confus, qu'il pense bateau, qu'il mange bateau, qu'il rêve a son collage, qu'il patente des « scarfs » plusieurs semaines à l'avance, qu'il se réveille en pleine nuit avec la certitude d'avoir enfin trouvé « le truc » pour l'assemblage de ses lisses sur son étrave...

    Etant de caractère assez pragmatique, loin du rêveur, j'ai vécu cet envahissement de moi-même par leprojet de manière assez étonnée. En bref, je ne pensais pas en arriver là ! Et c'est vrai, a part ma profession pour laquelle je me suis toujours passionné, ma vie de tous les jours s'est trouvée totalement orientée vers ce bateau, durant plusieurs mois. D'ou mon insistance à évoquer un des trois facteurs fondamentaux du début: la question familiale, car...

    De deux choses l'une: la compagne du monsieur qui va construire un bateau veut être une part active du projet, elle vivra ce dernier comme son bonhomme le vivra (c'est a dire chaque minute de son temps, jour et nuit) et dans ce cas, il n'y aura pas de problème, ou alors, ladite compagne sera hors du coup, une sorte de victime assumant durant des mois, si ce n'est pas des années toute la vaisselle, tous les soins domestiques, toute la responsabilité des enfants.

    J'en ai trois, de 9, 10 et 12 ans. Un seul d'entre eux a fait de la voile son passe-temps favori. Les filles aiment l'eau, de préférence celle de la piscine.

    Monique, mon épouse est -bénédiction, je le précise- une femme en voie de libération. Pour elle, la voile...et bien oui, pourquoi pas s'il fait beau, mais pas toujours, pas partout, pas chez elle, pas dans son salon, dans son sous sol, dans toutes les conversations, sujet de tous les téléphones, dans le courrier, dans les factures, à toutes les sauces...

    La négociation a été dure !
    Ce projet, il fallait que je le réalise et Monique, qui réalise d'autres projets, devait le comprendre.

    Devant l'envahissement et les à-coups familiaux, je me suis félicité d'avoir été décent dans l'ampleur de mon projet. J'ai tenté de conserver une certaine disponibilité aux miens qui, cela devait être clair pour moi, m'étaient plus chers que le bateau.

    J'ai parfois eu peur. J'ai pensé que Monique allait être la pire ennemie du Figaro... jusqu'au jour où, miracle, elle est acheter le tissus pour les coussins de la petite cabine !
    Je me suis permis d'insister sur cette question, car on en parle peu et je suis convaincu qu'elle se trouve au centre de bien des projets énormes, de beaucoup de 45 pieds rêvés pour le charter aux Antilles, qui dorment dans des cours d'en-arrière, avec des équipages épuisés, déchirés par le bateau qui devaient les rassembler.

    L'hiver, ainsi, s'est passé, entre cloisons qui  prenaient allure, le Marathon canadien de ski et discussions passionnées sur la valeur humaine de ce projet, ses risques et ses gratifications.
    D'un point de vue plus technique, j'ai choisi un plan, dessiné pour des constructeurs amateurs par un architecte de renom et je m'en suis tenu au millimètre près. Entre l'ile d'Entrée et Hâvre-Aubert (Iles de la Madeleine), cet été, par force 5, je m'en suis félécité. Je ne nie pas qu'il existe des intuitifs qui peuvent se permettre de déplacer un centre de dérive ou modifier un rouf pour y loger leurs six pieds. Pour moi, dans expérience préalable, Jean-Jacques Herbulot savait ce qu'il faisait. Si sa dérive de 200 livres me paraissait une aberration, j'en comprends aujourd'hui la raison- et le poids !

    Saturer chaque pièce de bois d'un bateau de trois couches d'époxy prolonge le travail et alourdit la construction. En calculant l'échantillonnage, je suis aujourd'hui convaincu que cette solution est une
     des seules qui soit satisfaisante pour celui qui n'est pas professionnel du bois. L'avantage des collages à l'époxy, en particulier, est décisif. Voici cinq ans, j'avais construit un optimist en utilisant de la colle à la résorcine, avec laquelle chaque assemblage doit être parfait. Quel travail !

    Les bordées du Figaro ont été « scarfées » chacun deux fois (pour atteindre environ 18 pieds de longueur avec des feuilles de 4x8), il y a donc 12 collages en sifflet sur le bateau, qui travaillent à l'arrachement, étant donné la courbure des bordées et après deux saisons, il m'est impossible de distinguer la trace de cescollages, pourtants réputés délicats.

    Autre aspect technique, le temps passé sur une telle construction.
    Je n'ai pas tenu un compte précis de mes heures de travail, que j'évalue à 600-650 heures, auxquelles j'en ajoute 300 passées à écrire, téléphoner, rechercher, faire des achats en ville pour des vis inox, ailleurs pour des ferrures ou des voiles, discuter des points difficiles d'interprétation des plans, etc. Dans ces cas là, un ami est précieux, surtout s'il a construit lui-même un bateau, s'il est sympathique au projet et disponible pour les travaux acrobatiques comme le retournement de la coque ou le lettrage final.

    J'ai mis à profit les mois d'octobre à avril pour la préparation de toutes les pièces d'avant-chantier. Celui-ci a été édifié dans ma cour, dès la fonte de la dernière neige. Jolie surprise d'établir, parfaitement de noveau, une armature de 2x6 qui, le lendemain, n'était plus du tout plane !
     Evidemment, aucune revue spécialisée ne tient compte du gel-dégel québécois dans ses conseils pour confectionner un chantier !

    Le bateau devait naviguer dès le début de la saison. Autre surprise à laquelle je m'étais attendu progressivement: faire une coque représente environ le tiers du travail. Finalement, Marlaguette II
    a subi son baptême au champagne à la fin juillet.

    On peut considérer ces 1000 heures de travail sous deux aspects:
    -Si je revends mon bateau 4500 dollards, je m'octroie un salaire de 2,50 dollards l'heure, qui est très inférieur au salaire minimum...
    -Autrement intéressant a été pour moi l'apprentissage que j'ai pu faire. Je suis encore émerveillé de cet aspect là qui, à lui tout seul, m'a gratifié de ma détermination. Sentiment étrange  que celui de découvrir qu'en fixant des varangues à une quille, on participe à l'histoire millénaire de la navigation et on met en oeuvre, modestement, une parcelle de savoir, d'expérience et de sagesse acquises par tous les hommes qui ont construit des bateaux depuis la nuit des temps. Je me plais à l'avouer, j'ai été, durant ces heures, parfaitement heureux et ce prix-là ne peut entrer dans l'évaluation purement financière de mes heures de travail.

    Le reste n'est que littérature et croisières à venir. Des améliorations aussi, mais en prenant soin d'éviter la course à l'accastillage inutile: une deuxième ligne d'ancre, une balancine, un balcon pour permettre au mousse de changer un foc sans dessaler.

    Evidemment, le Figaro est un petit bateau. Cinq personnes y sont à l'aise pour une ballade, mais c'est un bateau pour deux dès que l'on choisit de passer la nuit à bord.

    Marlaguette I était un vieux Firefly de plus de vingt ans d'âge. Marlaguette s'en va demain sur le lac Champlain. Il y aura Marlaguette III, avec quelques pieds de plus, une quille peut être, mais je tiens aux petits mouillages au fond des baies, et je ne le construirais pas. Tout compte fait...


    Je préfère continuer d'apprendre a naviguer !


    Bibliograhie

    Gutelle Pierre, Construire son bateau en bois moulé ou en contreplaqué, Editions du Compas, Paris 1972 / Un livre indispensable, une mine de renseignements précis, clairs, parfaitement adaptés à une telle construction.

    Stewart, R.M., Construction des bateaux en bois, Editions Maritimes et d'Outre-mer, 5ème édition, Paris, 1974 / trop classique pour être ignoré !

    Glen, L., Plywood Boatbuilding / Encore un livre prêté qu'on ne m'a pas rendu, il me manque les précisions, mais ses photos de bateaux en cours de construction sont une source d'informations très valables.

    Frisbie, Richard, Basic Boatbuilding, Fitshenry Whiteside, Don mills, Ontario, 1975 / Délicieusement écrit, plein d'astuces et d'ironie, utile à chaque page pour une construction

    Un Figaro 5; Margualette II

     


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    Voici une sympathique vidéo du rapatriement d'un Figaro 6 par son nouveau propriétaire...


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